Fédérer les hôpitaux européens avec Pascal Garel

Emilie LEBEE/ juin 8, 2017/ Perspective internationale/ 0 comments

Pascal Garel dirige HOPE, la Fédération Européenne des Hôpitaux depuis 2005. Directeur d’hôpital formé à l’Ecole de Hautes Etudes en Santé Publique (EHESP), il est également titulaire d’un Master 2 en Droit Communautaire. Son parcours l’a conduit des établissements de santé français (CHU de Nantes puis de Rouen) aux questions européennes. Il s’est ainsi occupé des relations avec les pays d’Europe centrale et orientale au Ministère en charge des Affaires Sociales et de la Santé et a créé le Pôle Europe et International de la Fédération Hospitalière de France (FHF). Il nous présente l’action de HOPE et son analyse des comparaisons internationales.

Parlez-nous de HOPE, la Fédération Européenne des Hôpitaux ?

HOPE a été créée en 1966 à l’initiative des fédérations hospitalières des six pays membres des communautés européennes. À l’époque, c’était assez novateur : dans la construction européenne, il y avait peu d’institutions en lien avec la santé. L’idée d’origine était d’échanger sur les pratiques dans les hôpitaux : les organisations, les expériences, etc.

HOPE regroupe aujourd’hui, 37 organisations, fédérations hospitalières publiques et privées ou, lorsqu’il n’y a pas de fédération hospitalière dans le pays, les collectivités locales propriétaires des hôpitaux ou le ministère de la santé. Les actions de la fédération européenne des hôpitaux gravitent autour de deux grandes missions : le comparatif et l’échange ; la veille et l’influence.

Quelles sont les actions phares de HOPE ?

Parmi les actions de HOPE, outre les études comparatives et les projets européens, le programme d’échange des professionnels européens est celle qui est en prise directe avec les personnels hospitaliers et les établissements. Son objectif est de faire découvrir l’organisation des hôpitaux et des systèmes de santé européens afin d’enrichir la pratique quotidienne des cadres (médecins, directeurs ou cadres de santé). Chaque année depuis 1981, entre 150 et 200 stagiaires partent ainsi pendant quatre semaines, au mois de mai, dans un établissement volontaire.

Les dossiers de candidatures sont à retirer sur le site de HOPE avant le 31 octobre 2017 pour un stage en mai 2018. Au-delà des candidatures de professionnels, il est aussi possible aux établissements de santé européens de se proposer pour recevoir des stagiaires.

Une autre de nos actions est d’organiser des voyages d’étude ouverts aux directeurs et professionnels de santé expérimentés. Le dernier a eu lieu au mois de juin et nous a amenés à Oulu, en Finlande. Il a permis aux participants de découvrir l’écosystème de santé du territoire, son « test lab » et le projet « CHU d’Oulu 2030 ». Le programme du voyage est accessible en cliquant ici.

Depuis 2004, HOPE a également développé des actions de lobbying à l’échelle européenne, Notre but est de présenter et de défendre auprès des instances européennes une position commune. Pour cela, HOPE réalise un important travail de veille. Actuellement nous travaillons sur une trentaine de sujets tels que la protection des données de santé, les dispositifs médicaux, les médicaments falsifiés, la standardisation ou encore les marchés publics.

Pour en savoir plus sur HOPE : http://www.hope.be/

Quelle est votre analyse du système de santé français au vu des expériences étrangères que vous côtoyez ?

J’aborde toujours avec beaucoup de prudence la comparaison internationale et notamment vis à vis du système de santé que je connais le mieux, le français. Je le fais d’autant plus que je sais, par mes fonctions, combien il est complexe de bien cerner son propre système de santé et qu’il est ainsi très difficile de comprendre les autres systèmes. Très fréquemment interrogé sur ma perception du meilleur système de santé j’ai tendance à répondre que tout dépend d’où vous posez cette question : de la situation de patient, de professionnel, de gestionnaire, de contribuable…

Il reste que ce qui est frappant à l’observation du système de santé français ce sont ses reflexes curatifs alors que les enjeux sont toujours plus préventifs, ses formidables performances hospitalières mais ses difficultés à progresser pour une meilleure performance des soins de santé primaires, la grande capacité d’un choix qui n’est pas vraiment éclairé.

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